Pour un Québec laïc
Je pense que je ne pouvais pas inaugurer ma nouvelle catégorie « /dev/rant » (merci Éric pour le nom!) sans parler de ce dont tout le monde parle depuis des mois : les accomodements (dé)raisonnables et la place de la religion dans la société québécoise.
Je lisais ce matin sur Radio-Canada.ca un article sur un « accomodement musical » à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (vous savez, là où a débuté l’histoire du port du kirpan sikh dans les écoles). Puisque le Coran, selon certaines interprétations, considère la pratique de certains instruments de musique comme proscrite, des élèves sont dispensés de cette partie de leur cours de musique (obligatoire). À la place, les professeurs leur donnent des recherches à faire sur certains auteurs musicaux. Je peux bien croire que ceux qui favorisent cette interprétation du livre sacré musulman veulent s’y conformer, mais ça ne peut que me faire grincer des dents quand même. N’a-t-on pas voulu sortir l’Église de l’école? Alors pourquoi laisser d’autres religions décider du programme scolaire?
J’aurais peut-être été considéré raciste selon le fameux sondage du Journal de Montréal (à ce sujet, je vous invite à lire le billet de Nico). Oui je prône tout ce qui est écrit dans la Charte québécoise des droits et liberté, d’autant plus que je fais partie d’une des minorités invisibles qu’elle protège. Cependant, la liberté de religion m’apparaît comme étant un peu trop invoquée dans des situations comme celle-ci.
Ce que je trouve drôle également, c’est qu’alors que les minorités religieuses (en fait, une minorité des gens de chaque minorité confessionnelle) s’époumonnent à revendiquer une adaptation du style de vie québécois à leur propre style de vie (que ça soit raisonnable comme le port du voile dans les institutions publiques, ou déraisonnable comme dans le cas des sapins de Noël), les Québécois se mettent à plat ventre devant eux et acceptent tout… jusqu’à ce que certains décident d’élever la voix et de vouloir protéger coûte que coûte la tradition québécoise catholique. J’écoutais à ce propos mon [sarcasme]bon ami[/sarcasme] le cardinal Turcotte, qui dénonçait l’intrusion de l’État dans nos écoles, par le biais de l’abolition des cours de religion pour les remplacer par des cours d’éthique et de culture religieuse… Euh, pardonnez-moi Monseigneur, désolé de vous ramener dans le monde d’aujourd’hui, je sais que vous vous complaisez dans cette mentalité datant de Duplessis, mais nous sommes au 21e siècle et le Québécois moyen doit s’ouvrir sur le monde au lieu de s’enfermer dans le dogmatisme…
Je sens que je commence à perdre de la cohérence là…
M’enfin, tout ça pour dire, pourquoi n’avons-nous pas un Québec complètement laïc, il me semble que ça règlerait des problèmes? (Attention ici, quand je parle du Québec laïc, je fais allusion aux institutions publiques, pas à ce qui se passe dans la vie privée des gens.) La laïcité parfaite serait difficile à obtenir, mais dans le meilleur des mondes, ne serait-elle pas un moyen d’éviter tout préjudice? Décrochez le crucifix à l’Assemblée Nationale, abolissez les prières au début des séances du conseil municipal, modifiez la Charte canadienne des droits et libertés pour qu’elle ne fasse plus mention de la « suprématie de Dieu » en préambule.
Le problème avec la société québécoise, c’est qu’elle a tendance à tout donner aux autres et à se plaindre par la suite qu’elle n’a plus de place.
P.S. Je mets vraiment trop de parenthèses dans mes textes!
Commentaires(3)