Promesse libérale tenue
Voilà. C’est fait.
La nouvelle Ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, l’a annoncé ce matin : les droits de scolarité seront dégelés dès septembre.
On ne pourra pas reprocher au gouvernement libéral de ne pas tenir ses promesses. Surtout quand ces promesses impliquent d’aller chercher plus d’argent dans nos poches.
Je connais des recteurs d’université qui doivent avoir ressenti un orgasme collectif ce matin.
Les droits de scolarité seront donc augmentés à raison de 50$ par session, soit 100$ par année, pour les 5 prochaines années. Si on fait le cumulatif, un étudiant qui entre à l’université en septembre prochain aura 2750$ de plus à débourser qu’un étudiant qui vient de terminer a eu à débourser (si on suppose 10 sessions à 15 crédits). Dans 5 ans, 500$ de plus iront directement dans les poches des universités et du gouvernement, pour leur grand plaisir.
Le pire dans tout ça, c’est qu’aucun débat ne pourra être fait. Le gouvernement dégèle les frais, that’s it. Un simple changement des règles budgétaires. Pas de projet de loi, pas de décret, rien. Ils le font parce qu’ils en ont le droit.
D’aucuns diront qu’on était dus, que ça faisait depuis 1994 que les droits de scolarité étaient gelés (on exclut les frais afférents, a.k.a. les frais champignons) et qu’il faut bien que notre jeunesse débourse pour ses études. Qu’au Québec, on paye moins qu’ailleurs pour nos études, qu’il est temps qu’on rattrape la moyenne du pays. Que nos universités sont en ruine, qu’elles ne peuvent plus fournir pour les étudiants, qu’elles font donc pitié.
Quoique ce dernier argument soit vrai pour les universités FRANCOPHONES du Québec, je reste quand même un défenseur du statu quo. J’ai encore pour 3-4 ans d’études à faire, donc cette augmentation progressive va me toucher. Mon salaire n’augmentera pas, mon loyer va coûter plus cher à chaque année, Hydro-Québec va nous augmenter à tort et à travers comme d’habitude… au final, j’aurai quand même moins d’argent dans mes poches.
En tous cas, moi j’ai pas voté pour ça. Mais bon, faut croire que le Québec est encore trop con pour savoir de quel bord voter.
Commentaire(1)
Amère déception de mon coté également…
Qui allait s’opposer aux hausses des droits de scolarité, hormis les jeunes et ceux qui croient en l’importance d’une éducation accessible à tous ? La droite n’a-t-elle pas le vent dans les voiles présentement ?
Qui plus est, la France n’a-t-elle pas un système de gratuité scolaire réputé ? Le remet-on en question ? J’ai côtoyé des étudiantes françaises cette année, dans le cadre d’un programme d’échange, et ces dernières s’étonnaient de voir que certains partis voulaient piger dans les poches des jeunes, prétextant qu’il n’existait pas d’autres voies pour trouver des fonds…
Or, ces dirigeants ont-ils pris connaissance des études qui ont révélé que la gratuité scolaire ne coûterait que 555 millions de dollars par année au Québec, soit à peine 1 % du budget provincial actuel? Par comparaison, l’augmentation du prix de l’électricité par Hydro-Québec a généré des profits de 971 millions à l’État cette année et la hausse du permis de conduire en a rapporté 501 millions. C’est donc dire que les élus ont une facilité déconcertante à trouver des moyens de financement. Nous avions les moyens de conserver cette différence québécoise!